11 mai : « il ne faut pas que l’on ait plus de malades que de lits de réanimation », ça sent le Titanic !

11 mai : « il ne faut pas que l’on ait plus de malades que de lits de réanimation », ça sent le Titanic !

22 avril 2020 | Tribunes

C’était « vivement dimanche », le dimanche 19 avril, en période de coronavirus avec Édouard Philippe, Olivier Véran et le Divan rouge des divas scientifiques !

On n’a rien appris, sinon ce que l’on savait déjà, à savoir qu’ils ne savent rien et qu’on ne sait rien. Ils cherchent par tous les subterfuges médiatiques à sauver la face blême de leur imprévoyante nonchalante politique…

Qui est encore dupe ?

La mise en scène schématique, mathématique, statistique, et barbifique, servait à donner une impression de précision à l’imprécision, de savoir à l’ignorance, de compétence à l’incompétence. Toutes ces courbettes devant des courbes, c’était déplorable. Ces chiffres ne disaient rien ; au contraire, ils taisaient tout : linceul mathématique du silence jeté sur les morts de tous les âges, morts perdus dans la nuit orpheline des EHPAD ; morts des hôpitaux surchargés ; morts des domiciles désertés ; je n’ai jamais vu un chiffre frémir ou pleurer.

Ils ont réussi ce prodige administratif de mathématiser une tragédie pour l’anonymiser. Après deux longues heures soporifiques, que savait-on de plus ? D’abord que l’on a de la chance de posséder, à défaut de gel, de masques (ils arrivent, paraît-il), de tests, de surblouses, de médicaments, de lits de réanimation suffisants en cas de pic pandémique, de promptitude à décider, le meilleur, le plus efficace, le plus irréprochable gouvernement du monde ! Quel culot !

On sait maintenant qu’on déconfine le 11 mai, mais qu’on ne peut toujours pas acheter de masque en pharmacie, qu’on ne fera pas de la confiture de confinement avec les vieux parfois plus jeunes que les jeunes, que l’école rouvre ses portes pour le portefeuille national : on va le payer cher ! Non pas parce qu’on décide simplement de déconfiner, mais parce qu’on le fait, une fois de plus, sans y être préparé ; sans avoir les modestes équipements requis.

En un mot, les déconfinés n’auront pas tous le basique bouclier du masque pour affronter l’énigmatique mortel virus volatil. Dans ces conditions, comment oser ? Comment oser, au nom de l’impératif économique, certes très important, mais en l’absence des moyens protecteurs, comment oser imposer ce choix : la bourse ou la vie ? Et il y a eu aussi cette terrible phrase du Premier ministre : « il ne faut pas que l’on ait plus de malades que de lits de réanimation ». Tout le pari coupable du déconfinement est là ! Il ne faudrait pas que l’on ait plus de naufragés que de chaloupes : ça sent le Titanic !

Gilbert Collard
Ancien député de la Nation
Député français au Parlement européen