150 ans après, que reste-t-il de la République ?

150 ans après, que reste-t-il de la République ?

4 septembre 2020 | Europe Info France, Tribunes

Il y a 150 ans Gambetta proclamait la République qui n’entrera dans la loi qu’en 1875, et à… une voix de majorité ! Aujourd’hui la République, si brève dans la durée par rapport à la monarchie, se porte mal, très mal, tant ses idéaux fondateurs sont piétinés, détournés, caricaturés.

L’école était son pilier, même son église. Le maître enseignait entouré de respect. Aujourd’hui 40 % des professeurs déclarent s’autocensurer et 50 % dans les ZEP (sondage IFOP). Ils font cours la peur au ventre, terrorisés par le communautarisme. Le témoignage de Bernard Ravet dans son livre « Principal de collège ou imam de la République ? » dit tout !

La République des fondateurs était une et indivisible ; aujourd’hui, elle se déchire en territoires perdus de la République, en camps indigénistes interdits aux blancs, en lieux d’expression interdits à Sophie de Menthon, Elizabeth Badinter, Geoffroy Lejeune, Finkielkraut, Bigard, Zemmour… La République avait pour règle que force doit rester à la loi ; ça fait pleurer de rire ou de larmes quand on pense à l’existence des zones de non-droit, quand on sait que le Val-d’Oise est présenté comme un laboratoire du séparatisme islamiste et les barbares, selon le titre d’un livre (« Le maire et les barbares »),  sont les maquereaux de quelques maires.

L’idéal républicain était la République. Aujourd’hui 74 % des jeunes musulmans (moins de 25 ans) font passer leurs convictions religieuses avant les valeurs républicaines.

Les fondateurs de la République avaient le courage des mots, ce qui n’est plus cas aujourd’hui, l’exemple le plus terrible est celui de Macron qui remplace le terme « islamisme » par « séparatisme ».

La République s’est construite sur l’histoire, la culture et …. le certificat d’études ! Michelet, mort quatre ans après sa proclamation, l’a élevé à la hauteur des rêves romantiques.

Cette République qui a insufflé le patriotisme dans le cœur des Français et qui, grâce à lui, tiendront, sans faillir, quatre ans dans la boue des tranchées et libéreront le pays après la défaite de 1940.

Aujourd’hui Emmanuel Macron déclare : « Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France ! » En brayant cette ânerie, il a participé au déracinement de l’histoire, au déboulonnage des statues, au recul de la liberté d’expression, au développement des divisions communautaristes.

Queneau pourrait-il  encore dire : « merde, on est en République, il me semble » ?

Mots-clefs : , ,