Affaire des tweets : la liberté d’expression européenne relaxée !

Après 6 années de procès, 2 demandes de levées d’immunité parlementaire, plusieurs audiences et articles médiatiques à charge, la montagne du procès politique accouche d’une souris…

Cette relaxe, c’est évidemment une victoire pour Marine Le Pen et moi-même, mais c’est aussi une victoire pour tous ceux qui dénoncent les exactions de Daesh et surtout, surtout, une belle victoire pour la liberté d’expression !

En tant qu’avocat et député, je suis très attaché à cette liberté fondamentale et je fais mien l’esprit de cette citation, attribuée à Voltaire selon l’un de ses biographes au début du XXe siècle : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ».

« De Charlotte d’Ornellas à Eugène Delacroix, la censure est omniprésente » !

Féminicide, terrorisme, Avignon : la tragique actualité ne cesse de démontrer la nécessité de délier les mots, notamment pour les journalistes, les commentateurs, les politiques, tous les politiques, amis comme ennemis. Aujourd’hui, la censure est omniprésente et la liste des exemples récents est bien trop longue : France 3 censure une émission sur les fêtes johanniques d’Orléans en raison de la présence de Charlotte d’Ornellas au générique, dans les GrossesTetes, Peroni est viré par Ruquier parce qu’il a osé dénoncer la censure d’une de ses blagues ; Facebook s’autorise à fermer temporairement les comptes de Jordan Bardella et Marion Marechal parce qu’ils ont défendu les doudounes bleues ; Ménard est censuré « pour avoir dit que les Polonais et les Italiens faisaient partie de notre civilisation européenne, contrairement aux Nigérians et aux Soudanais » ; le directeur du Journal de Saint-Denis démissionne, dénonçant une « censure interne » au sujet de l’assassinat de Samuel Paty ; le compte Twitter de Boulevard Voltaire est suspendu car sa bannière, « la Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix, « enfreint les règles » : on ne sait plus à quel sein se vouer !

Le tweet, une réponse apportée « à une polémique politique d’intérêt général » : une victoire contre la censure de la bien-pensance !

Que la justice est grande quand elle est indépendante ! Après avoir considéré la règle française, l’article 227-24 du Code pénal, selon laquelle on ne peut pas diffuser de message « à caractère violent, pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine », le juge a considéré la liberté d’expression consacrée dans l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH). Le tribunal a rappelé le principe énoncé par la Cour de Strasbourg sur une liberté d’expression qui, sous réserve d’exceptions, peut traduire des idées « qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction de la population ». Il conclut que la diffusion des images de Daesh s’inscrit dans « une démarche de protestation politique et contribue au débat public » et que son incrimination est une ingérence disproportionnée. C’est une grande victoire de la liberté d’expression, notamment du politique, sur la censure de la bien-pensance !

Parler Franc

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