Alors que les Juifs fuient l’Europe, le meurtrier antisémite de Sarah Halimi ne sera pas jugé

Alors que les Juifs fuient l’Europe, le meurtrier antisémite de Sarah Halimi ne sera pas jugé

17 avril 2021 | Europe Info France, Tribunes

En 2020, un article de The Time of Israël révélait une étude inquiétante : en cinquante ans, 60 % des Juifs d’Europe avaient quitté le vieux continent. En France, ce sont 50 000 Juifs qui sont partis vivre en Israël ces vingt dernières années, soit le plus fort taux de toute l’Europe de l’Ouest. Une dynamique qui ne risque pas d’être enrayée par le drame judiciaire révoltant qui est en train de se jouer autour de la mort violente de Sarah Halimi.

Le meurtre islamiste et antisémite de Sarah Halimi

Fumer de l’herbe évite la prison ! On pourrait presque en rire si l’on ne parlait pas d’un meurtre violent, sauvage. En effet, cette semaine, la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire de notre pays, a rendu son verdict dans l’affaire Sarah Halimi.

Le 4 avril 2017, dans le quartier de Belleville, à Paris, une femme de soixante-cinq ans de confession juive, Sarah Halimi, mère de trois enfants, est agressée puis défenestrée du haut du troisième étage de son immeuble par un voisin de 27 ans.

Ce dernier, Kobili Traoré, se met à hurler à plusieurs reprises « Allah Akbar », puis à réciter des sourates du Coran. Multi-récidiviste pour des affaires de trafic de drogue, l’individu est aussi connu pour s’être radicalisé et pour fréquenter une mosquée salafiste. La motivation antisémite ne fait aucun doute pour la famille de la victime et ses avocats.

La « bouffée délirante » de la Cour de cassation

Mais malgré tout cela, Kobili Traoré n’ira pas en prison pour son crime, et la famille de Sarah Halimi ne pourra jamais obtenir justice. Pourquoi ? Et bien parce qu’avant de tuer Sarah Halimi, Kobili Traoré avait… fumé du cannabis !

Dans son communiqué, la Cour de cassation explique :

« Une personne qui a commis un acte sous l’emprise d’une bouffée délirante abolissant son discernement ne peut pas être jugée pénalement, même lorsque son état mental a été causé par la consommation régulière de produits stupéfiants. »

C’est à se demander qui est « sous l’emprise d’une bouffée délirante » . La consommation de drogue serait donc devenue le moyen d’échapper à la prison pour les assassins ? Après tout, n’est-ce pas là, selon certains, l’origine étymologique même du terme « assassin » : de l’arabe « Hashishi », « celui qui consomme le haschich »  ?

Parler Franc

La newsletter de Gilbert Collard