« Bas les masques », criait Cicéron à Catilina ou l’ironie historique des mots !

« Bas les masques », criait Cicéron à Catilina ou l’ironie historique des mots !

10 avril 2020 | Tribunes

Au pays des pirouettes politiques, le spectacle sinistre et dérisoire continue avec ses mises en scène, parfois obscènes, presque toujours ombilicales d’un Président qui communique pour communiquer. Dernière production de la Metro-Goldwyn-Macron, sa visite au Professeur Raoult, visite qui n’apporte rien si elle n’accélère pas la mise en place officielle du traitement…ce qui semble ne pas être encore le cas ! Donc, Macron va immuniser son déficit de crédibilité, valeur suprême aujourd’hui, et tenter de le retaper auprès du chercheur chevelu chevauchant désormais La popularité : « Commediante » !

À force de les avoir entendus dire tout, n’importe quoi et son contraire, on a la tête qui tourne comme un manège tiré par des ânes : « pas de masque », c’est inutile dit Sibeth, ensuite, « il faut porter le masque », quel carnaval de contradictions ! Ils prétendent gouverner, prévoir, informer, expertiser, décider, alors même qu’ils sont incapables de mettre un terme à la guerre picrocholine de la chloroquine, guéguerre des labos, des egos, d’un système de mandarins de ministères, « des médecins de bureaux ».

Ils se sont trompés sur tout, tout le temps, avec toujours un temps de retard criminel à l’allumage décisionnel ; mais ils la ramènent quand même comme si des morts rien n’était. Ils pérorent à la télé, c’est ça le cirque grandiose d’aujourd’hui : il y a toujours sur nos écrans un Barbier de Sébile, avec son écharpe rouge pour cirer les pompes ministérielles, un Lagarde pour faire avaler que les musulmans qui ont fait retentir un appel à la prière l’ont fait pour s’associer à la fête catholique de l’Annonciation ; un Philippe pour affirmer que porter un masque est un fétichisme, la fermeture des frontières un geste mussolinien, le confinement un truc d’agoraphobe ; un Castaner pour dire oui et non « en même temps » ; un Macron pour chercher le passeport du virus, et, en douanier servile et intransigeant de l’idéologie mondialiste, pour refuser de fermer à temps les frontières…

On savait confusément que derrière les apparences théâtrales du système et de ses bouffons existait un vide vertigineux ; on ressentait la sensation confuse, rapide, de vivoter dans une hypnose médiatique, politique, de banalités et de conformités. La soudaine fixation de nos existences dans l’immobilité du confinement a produit un effet révélateur : la bêtise de la spécularité politique est apparue dans sa vulgarité. Jusque-là, le braiement quotidien nous berçait dans une somnolence injectée par les seringues des communicants. Jour après jour, pitre après pitre, deuil après deuil, vieux après vieux, on les a vus, alors que tombent les morts, que tout manque pour soigner, que tout fait défaut pour se protéger, nous affirmer les pires mensonges. « Bas les masques », criait Cicéron à Catilina qui voulait corrompre la Cité. L’ironie des mots dans l’histoire est imparable.

Bas les masques ! Qu’on voit enfin vos sales gueules de traitres impuissants qui ont vendu notre souveraineté, notre protection, nos hôpitaux, nos médicaments, et tout le reste, à la finance mondialisée, à une Union européenne incapable et qui, par la présidente de la Commission nous apprend dans un clip à nous laver la main… Elle s’en lave les mains ! Quel symbole ! Docteur Freud, une petite escapade psychanalytique chez Ponce Pilate à Bruxelles ?

Dans ce drame, vers qui le peuple se tourne-t-il pour appeler au secours ? Vers le pays, la Patrie, pas Bruxelles ; vers l’État qui doit retrouver sa liberté absolue, face au dogme fédéraliste qui a volé en éclats en quelques jours sous l’effet de la crise ; vers une administration qu’on doit libérer de la caste des profiteurs qui verrouillent le parcours des gens de qualité ; vers des hommes et des femmes qui ont retrouvé le sens royal de l’intérêt général, c’est-à-dire, fussent-ils de la petite grande France, les élites de demain.

Gilbert Collard
Ancien député de la Nation
Député français au Parlement européen