Cergy : une forme de racisme mise sous le tapis en Europe

L’agression raciste de deux personnes noires par un Algérien pose la question taboue du séparatisme communautaire et de l’histoire occultée de la traite négrière arabo musulmane.

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Joseph, un livreur noir qui attendait sa commande devant un restaurant de Cergy, a été roué de coups pour cause de musique trop forte. Alors qu’une femme filmait la scène depuis la fenêtre d’un immeuble, l’agresseur l’a copieusement insultée : « Espèce de négresse (…), sale noire, personne ne te touche même avec un bâton (…), pendant 800 ans on vous a vendu comme du bétail. »

Un arsenal législatif contre le racisme

Ce vomi d’insultes prouve que le racisme n’a ni limites, ni frontières. Pourtant, l’Union européenne pond des mesures et des textes à longueur de journée pour combattre ce fléau : création en juin 2016, du groupe de haut niveau de l’Union européenne sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance ; directive 2000/43/CE du Conseil du 29 juin 2000 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique, décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal

Au regard de la réalité, force est de constater que cet arsenal s’avère quasiment inopérant.

Les deux personnes agressées ont ainsi déposé plainte pour des faits qualifiés de « violence volontaire avec la circonstance aggravante de racisme », « injures publiques à caractère raciste » et « apologie de l’esclavage et de crime contre l’humanité », a précisé le procureur de Pontoise.

Un Algérien à l’origine de l’agression

Que sait-on de l’agresseur ? Sans surprise, ce Roméo de l’insulte sous le balcon est déjà connu des services de police. Selon RTL, il fait même l’objet de trois fiches de recherches : condamnation à trois mois de prison ferme dans une affaire de stupéfiants, vol aggravé et interdiction de paraître à Argenteuil. Gageons au passage, que si les Argenteuillais ne le voient pas pendant un certain temps, ils ne s’en porteront que mieux.

Nul ne s’étonnera non plus, en apprenant que l’agresseur, qui a reconnu les faits, va être soumis à une expertise psychiatrique. Aujourd’hui, dès qu’un fait délictuel est commis, avant même l’arrivée de l’expert, on estime que l’auteur pourrait avoir, ou a, des troubles psychiatriques… Le diagnostic avant le diagnostic !

Au final, ce qui interpelle le plus, c’est que l’homme a revendiqué être algérien lors de l’agression.

Dès lors, ce qui s’apparente à un fait divers bat en brèche cette idéologie dite progressiste qui sous-tend que le racisme s’explique au regard de rapports de domination hérités du colonialisme et qui fait systématiquement de l’homme blanc, un raciste en puissance.

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là ! Certains, croyant que l’agresseur présumé était un salarié du restaurant, ont voulu réclamer des comptes au gérant. Près de 150 personnes se sont retrouvées devant l’établissement, à l’appel de la « Brigade anti-négrophobie. » Le gérant, menacé de mort selon France Bleu Paris, a porté plainte. Et, à la demande de la ville de Cergy, la préfecture a ordonné une fermeture administrative pour une semaine, le temps que le calme revienne.

Preuve que l’opinion publique peut avoir des conséquences pour le coup, tout à fait injustes, et qu’au-delà de l’émotion légitime, la rue ne peut pas faire la loi sous peine de négation de la vie républicaine.

L’Europe n’a pas eu le monopole de l’esclavage

N’en déplaise aux promoteurs du bien vivre ensemble multiculturel, l’addition des faits prouve également que les modes de fonctionnement communautaristes engendrent des discriminations, des violences et une fracture de la société.

« Ce qu’il y a de nouveau dans ce type de propos racistes, c’est l’évocation de l’esclavagisme, la traite négrière arabo-musulmane. Cette vidéo met en évidence un racisme méconnu » a enfin souligné Maître Galina Elbaz, présidence de la commission discriminations de la Licra dans la Matinale de Cnews.

L’indignation est aussi sélective que la mémoire, lorsqu’elle choisit d’occulter sciemment l’histoire. La loi dite Taubira a qualifié de « crime contre l’humanité » la seule traite négrière d’origine occidentale, mais pas un mot sur les autres traites, exercées entre tribus africaines ou celle, arabo-musulmane. Pourtant, la première a duré trois siècles et concerné environ 11 millions d’êtres humains ; la traite arabo-musulmane, elle, s’est étendue sur treize siècles et a fait 17 millions de victimes.

Il est bon de rappeler également que dans un pays comme la Mauritanie, l’esclavage n’a été aboli qu’en 1981. Du moins officiellement.

Parler Franc

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