Covid-19 : Comment et par la faute de qui, de quoi, en est-on arrivé là ?

Covid-19 : Comment et par la faute de qui, de quoi, en est-on arrivé là ?

3 avril 2020 | Tribunes

Comment et par la faute de qui, de quoi, en est-on arrivé là ?
Cette question globale se posera un jour sur la nuque des responsables, quoi qu’il advienne.

Face aux surgissements du Covid-19, l’impréparation physique, politique, sanitaire, hospitalière, morale ; l’abandon de toute souveraineté médicamenteuse ; les querelles de chefs, les crocs industriels, les mensonges médiatiques aujourd’hui avoués, les tromperies politiques démasquées, les « vieux » à bout de souffle abandonnés dans les EHPAD, les morgues improvisées ; les responsables de ces drames comparaîtront devant un tribunal populaire… historique, médiatique. Quand ? Je n’en sais rien, mais tout cela sera jugé physiquement et métaphysiquement.

Dénoncer cela, c’est être, pour reprendre l’expression de Françoise Fressoz, sœur encrivore au journal Le Monde « sans retenue face au virus mondialisé. » ! Pan, ça c’est pour Marine ! En retenue pour manque de retenue… En plus, dans tout ce malheur, il faudrait faire preuve de retenue ; elle se fout du monde l’éditorialiste du Monde !

De la retenue quand le gouvernement et ses valets de pied de presse ont menti sur l’urgence de l’utilité du port du masque ; mensonge reconnu et assumé par des journalistes au nom du droit de mentir « pour la bonne cause » politique, de ne pas affoler le bon peuple supposé peureux ; surtout, il ne faut pas crier au feu quand il y a le feu, des fois que de crier, ça brûlerait ! « La bonne cause », établie par qui ? La « bonne cause » qui fait que des Français, honnêtes et peut-être trop crédules, mais comment leur en vouloir ?, sont sortis sans masque, au risque d’attraper le virus, qu’ils ont choppé ou transmis parce que des journalistes expérimentateurs en tubes cathodiques fanfaronnaient que le masque ne servait à rien… En tête, la porte-parole du gouvernement !

De la retenue quand, sous la pression d’une idéologique contaminatrice, le pouvoir a tardé à fermer les frontières au nom de la lutte présidentielle contre le « repli nationaliste ».

De la retenue quand avant l’épidémie, les suppliques épuisées des personnels hospitaliers étaient dédaignées, que l’état délabré de l’hôpital était ignoré ; et, qu’aujourd’hui on manque de tout sauf de gaz lacrymo : manque de lits de réanimation, de blouses, de gel, de respirateurs, d’anesthésiant de tests, alors que depuis le 13 mars le gouvernement dispose d’une solution pour fabriquer 150 000 à 300 000 tests par semaine à l’aide de nos 75 laboratoires vétérinaires, mais rien ne bouge !

De la retenue quand 884 « vieux » sont morts du virus dans les EHPAD sans compter les morts sur ordonnance exécutive de Rivotril dans les bras meurtris des soignants, sans famille, vieux orphelins de la mort ; triste, terrible !

De la retenue quand sous le souffle de l’épidémie le gouvernement organisait un premier tour contagieux des élections et que, confiants, beaucoup allaient à l’urne sans prendre garde à la polysémie funéraire du mot.

De la retenue alors que les Diafoirus de la technocratie sanitaire font tout foirer avec leur bureaucratie, leur jalousie, leurs petits pouvoirs tyranniques au ministère de la Santé ; que de temps perdu à valider le test, à accélérer les processus de l’agrément.

De la retenue quand le tardif confinement profite d’allégement dans les banlieues, qu’à la Castellane, à Marseille, les dealeurs continuent de dealer au motif tranquille et con que le virus est un « virus de blancs » !

Au passage, attention aussi au déconfinement précipité qui s’annonce, pour quel motif ? La même journaliste, éditorialiste !, reproche aussi à MLP de ne pas jouer le jeu de l’union nationale ; mais quelle union voulez-vous nouer avec ces menteurs et improvisateurs ? ; l’union est parfois une complicité !

Oui à l’union avec les héros anonymes, les passés inaperçus de toutes les crises, qui souvent ont porté un gilet-jaune, matraqués sur ordre. Oui à l’union avec la Bretonne, Jacqueline Mouraud, qui demande à Édouard Philippe : « qu’est-ce que vous faites du pognon ? », avec Aïcha Issadounene, 52 ans, caissière, victime du Covid-19 ; avec la France qui exige qu’on réexamine les postes de dépenses ; la France des livreurs, des taxis, des éboueurs, des facteurs, des agriculteurs, des infirmiers, des médecins, des aides-soignantes, enfin, faute de pouvoir tous les nommer, Oui à cette grande petite France sans laquelle, aujourd’hui, nous serions morts !

Gilbert Collard
Ancien député de la Nation
Député français au Parlement européen