Le fiasco européen de la campagne de vaccination : une dose de ras-le-bol !

« N’ayez crainte, l’Union européenne s’occupe de tout » nous faisait-on miroiter il y a quelques mois, dans une opacité contractuelle la plus complète et une défiance totale contre les vaccins étrangers… Aujourd’hui, nous assistons, comme anesthésiés, à un triple fiasco européen.

Rappelons quelques chiffres : au 2 mars 2021, Israël a administré au moins une dose de vaccin à 55,6% de sa population et le Royaume-Uni qui allait (souvenez-vous !) ne jamais se remettre du Brexit, est à plus de 30 %. Les USA qui étaient en retard, soi-disant à cause de Trump, sont à plus de 15,5%, la Hongrie du soi-disant « populiste » Orban est à 7,8% et l’UE n’est qu’à 5,1%… Premier fiasco.

« Vu la vitesse à laquelle arrivent les livraisons de vaccins de Bruxelles, nous n’avons pas d’autre choix que de nous approvisionner par d’autres voies »

L’approvisionnement est tel que plusieurs pays européens se tournent vers les vaccins russes, chinois et israéliens. Les Tchèques se justifient par l’exemple du plus grand nombre : « 65 pays dans le monde veulent le vaccin russe, y compris six pays de l’UE, alors pourquoi dire ‘Mon Dieu, c’est terrible’ ? », les Hongrois sont lucides : « vu la vitesse à laquelle arrivent les livraisons de vaccins de Bruxelles, nous n’avons pas d’autre choix que de nous approvisionner par d’autres voies », les Autrichiens sont critiques :  « l’Agence européenne du médicament est trop lente » et même les Allemands, par la voix de l’européiste Angela Merkel, se disent ouverts à l’idée d’utiliser le vaccin russe en Europe. L’Allemagne a même reconnu avoir passé des contrats bilatéraux (comprenez « en dehors de la sacro-sainte coordination européenne ») avec Pfizer-BioNTech, Moderna et Curevac : une découverte qui a provoqué un séisme à Bruxelles. Deuxième fiasco.

« Une politique européenne de vaccination bien menée aurait pu tenter de réanimer la diplomatie européenne mise sous respirateur artificiel »

Par ailleurs, une politique européenne de vaccination bien menée aurait pu tenter de réanimer la diplomatie européenne mise sous respirateur artificiel entre l’affaire Navalny, les ambitions néo-ottomanes d’Erdogan, les tensions récurrentes avec les États-Unis ou encore l’accord global sur l’investissement négocié avec la Chine. Au contraire, elle a délaissé, par exemple, l’Ukraine et la Serbie. Cette dernière se retrouve « inondée de vaccins chinois » et livrée à Xi Jinping. Troisième fiasco.

Incapable de garder ses vaccins, la Commission européenne a adopté, le 29 janvier, un mécanisme forçant les entreprises produisant des vaccins dans l’UE à signaler toute exportation de leur produit vers des pays tiers : elle aura donc mis un mois à proposer un simple « signalement » : la lenteur de la technocratie européenne n’a pas volé sa réputation ! Si l’on en croit certains médias israéliens, « il faudra certainement renouveler la vaccination 2 fois par an » : on n’est pas sorti de l’auberge vaccinale !

Parler Franc

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