« Le virus n’a pas de passeport » mais Spoutnik V a besoin d’un visa !

« Le virus n’a pas de passeport » mais Spoutnik V a besoin d’un visa !

Que l’on prononce Spoutnik « Vé » pour « virus » ou Spoutnik « 5 » comme le nom du satellite spatial soviétique qui fut le premier à ramener, en août 1960, des occupants vivants sur terre ; le vaccin russe suscite, avant même d’être injecté, de fortes réactions épidermiques dans la sphère politique.

Ceux qui soutenaient que « le virus n’a pas de passeport » soutiennent aujourd’hui que Spoutnik V doit avoir un visa…

Alors même que l’OMS s’inquiète d’une lenteur « inacceptable » de la vaccination en Europe, Thierry Breton, notre commissaire européen au marché intérieur, considère Spoutnik V comme « un vaccin de complément ». Les dirigeants français ne semblent pas non plus pressés de trouver des doses : Le Drian définit le vaccin russe comme « un moyen de propagande » et Macron évoque les « velléités de déstabilisation – russes et chinoises ».

The Lancet, la revue scientifique qu’il fallait absolument croire quand il s’agissait de démontrer l’inefficacité de la chloroquine doit désormais être analysée avec précaution quand il s’agit de démontrer l’efficacité (91,6% !) de Spoutnik V et l’absence d’effets secondaires…

Après les masques, les tests, les blouses, les vaccins, va-t-on prendre du retard sur les commandes russes ? En réalité, c’est déjà le cas. Selon le journal Le Monde, ce vaccin a fait l’objet d’une homologation dans 57 pays et selon le journal 20Minutes, il a été commandé par 74 États… La France, pendant ce temps, se concentre sur ses attestations incompréhensibles et sur le fait d’interdire aux assistantes maternelles de travailler avec les enfants pour finalement…l’autoriser.

L’antipoutinisme nous prive de ce vaccin

Si la problématique n’est pas diplomatique, si l’intérêt général n’est que sanitaire, comment expliquer ce commentaire de Pascale Joannin, directrice générale de la Fondation Robert Schuman : « l’image de la Russie varie énormément entre chaque pays européen, ce qui entraîne de grandes différences d’adhésion à Spoutnik V entre deux nations parfois voisines » ? Comment expliquer que le Premier ministre slovaque ait été forcé de démissionner après avoir importé le vaccin russe ?

À l’instar des frontières, qu’il fallait fermer et ne pas politiser au début de la pandémie, nos dirigeants devraient mettre de côté leurs idéologies politiques pour se concentrer sur les moyens de sortir le pays de la crise qu’il traverse.

Heureusement, l’Allemagne se dit prête à commander Spoutnik V si l’Agence européenne du médicament donne son accord ; Macron ne devrait donc logiquement pas tarder à suivre…

Parler Franc

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