L’Union européenne finance-t-elle indirectement les enfants soldats d’Erdogan ?

L’Union européenne finance-t-elle indirectement les enfants soldats d’Erdogan ?

9 juillet 2021 | Europe Info France, Tribunes

Cette semaine, Charles Michel, Président du Conseil européen, a annoncé que les travaux pour une réforme de l’Union douanière Turquie-UE avaient débutéi. Il a confirmé ce que nous dénoncions dans le numéro #18 de votre newsletter Parler Franc : sous la pression migratoire, la Commission européenne a fait des propositions de financement en faveur de la Turquie et le Conseil européen a marqué « son accord de principe pour continuer [ce] financement » …

Charles Michel n’est pas revenu sur le chiffre de ce racket géopolitique, a priori 3,5 milliardsii d’euros, expliquant qu’il y aura un débat entre les institutions européennes. Il n’a cependant émis aucune critique envers le régime du Sultan, se félicitant au contraire « d’un regard géopolitique plus ambitieux » vis-à-vis de la Turquie. Il en est même « fier » !

« L’Union européenne peut-elle décemment se regarder dans le miroir des droits de l’Homme, sachant qu’elle finance un État qui utilise des enfants soldats ? »

Mais pourquoi Charles Michel est-il « fier » des avancées avec la Turquie ? À quoi fait-il référence ? À l’épisode – affligeant – du Sofagate ? Au fait que, la semaine dernière, la Turquie ait quitté formellement un traité dénonçant les violences faites aux femmesiii ? Ou au fait que, cette semaine, les États-Unis aient ajouté le pays d’Erdogan sur la liste des États impliqués dans l’utilisation d’enfants soldatsiv ? Il faut oser se poser la question : l’Union européenne peut-elle décemment se regarder dans le miroir des droits de l’Homme, sachant qu’elle finance un État qui utilise des enfants soldats ?

Comme détaillé dans le numéro #12 de votre newsletter Parler Francv, la stratégie d’Erdogan est multiple. Tout en exerçant un chantage migratoire – le migrant est malheureusement devenu un instrument de guerre géopolitique ! – l’homme qui soutient que « l’assimilation est un crime contre l’humanité » avance ses pions sur l’échiquier de l’adhésion à l’Union européenne, convoite la mobilité militaire stratégique et soigne ses associations partisanesvi

La logique de conquête du Sultan qui déclamait, citant un théoricien du nationalisme turc, que « les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats », doit être stoppée nette ! L’Union européenne devrait prendre acte du fait que nos alliés outre-Atlantique aient placé, pour la première fois, un allié de l’OTAN sur une cette honteuse liste de l’infanticide et saisir cette opportunité pour rompre toute forme d’adhésion et de financement !

v Parler Franc #12, « Turquie : le loup gris dans la bergerie militaire européenne »

Parler Franc

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