Pass sanitaire et certificat vert : « on est très efficace en matière de coup de tampon, mais on ne l’est pas en matière de seringues » !

Pass sanitaire et certificat vert : « on est très efficace en matière de coup de tampon, mais on ne l’est pas en matière de seringues » !

Ne nous faisons pas avoir par le vocabulaire : le « pass sanitaire » français et le « certificat vert » européen sont des passeports même s’ils n’en ont plus le nom ! On est dans une époque où, si on devait parler de barbelés, on parlerait d’épines de roses, ce n’est pas honnête ! Derrière ces passeports, il existe une volonté de surveillance et de soumission.

L’objet même, qui vise à attester qu’une personne a été vaccinée, qu’elle a reçu un résultat de test négatif ou qu’elle s’est rétablie de la maladie, pose un véritable problème de vie privée et de protection des données. Mais, pire encore, le mécanisme qui se dessine en filigrane est un véritable chantage sociétal : « accepter ou rester calfeutré chez soi ».

« Les réticences éventuelles sur un passeport sanitaire ne pèsent pas très lourd face au désir de reconstruire les liens sociaux »

Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au CNRS, résume bien ce terrible mécanisme psychologique : « les réticences éventuelles sur un passeport sanitaire ne pèsent pas très lourd face au désir de reconstruire les liens sociaux que sont la culture, les loisirs urbains ou les voyages ». Dit autrement, après un an confiné, le choix donné aux citoyens n’est qu’une illusion…

Alice Desbiolles, médecin spécialiste en santé publique va plus loin : « on ne peut pas forcer à recevoir un traitement, un test ou un produit de santé, encore moins avec chantage à la vie sociale. Dans ce cas, où s’arrête-t-on » ? Même Véran reconnaît que « cela pose des questions éthiques, scientifiques, juridiques (et) techniques importantes ». Malheureusement, il y a fort à parier que ce soubresaut d’honnêteté politique sera vite oublié…et enterré avec quelques-uns de nos droits les plus sacrés.

À l’échelle planétaire, la question est encore plus complexe : quels vaccins va-t-on reconnaître comme fiables ? Quels tests seront acceptés ? Quelles données va-t-on partager avec les puissances étrangères ? Après le fiasco des contrats vaccinaux européens, a-t-on envie de confier à la Commission le pilotage du certificat vert ? S’agissant du pass sanitaire, comment ne pas discriminer les personnes qui ne disposent pas d’un smartphone ? En 2019, 23% des Français n’en avaient pas : comment vont-ils scanner, à l’entrée d’un restaurant ou d’un théâtre, le QR code qu’envisage le gouvernement ?

Le Parlement sur le banc de touche !

A minima, ces questions devraient faire l’objet d’un débat démocratique approfondi, mais Ursula von der Leyen a demandé que le certificat européen soit adopté selon une procédure d’urgence qui met le Parlement, et donc les représentants des peuples, sur le banc de touche !

Nos dirigeants nationaux et européens feraient mieux d’ouvrir des lits, fabriquer des vaccins et financer la recherche afin de savoir si le vaccin empêche la transmission du virus, avant de plancher sur un passeport dont l’indécence est aujourd’hui proportionnelle au nombre de personnes qui n’ont pas accès à la vaccination !

Parler Franc

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