Régionales en PACA : la même combine électorale qu’au Parlement européen

La tambouille politicienne qui se joue depuis quelques semaines en région Provence-Alpes-Côte d’Azur autour de la candidature du président sortant, le Républicain Renaud Muselier, n’est pas sans rappeler les collusions que l’on peut constater depuis des années au Parlement européen.

En PACA, la romance de LR et LREM

Récapitulons :

Le jeudi 29 avril, lors de sa première conférence de presse en tant que candidat à sa réélection, le président sortant de la Région, Renaud Muselier, a estimé que « le bon sens voudrait » que le parti de la majorité présidentielle « lui apporte son soutien ». Il a aussi affirmé qu’il refusait tout « accord d’appareil ».

Un appel lancé qui a bien été entendu, puisque le dimanche 2 mai, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que la majorité présidentielle répondait « favorablement » à Renaud Muselier, avec le retrait de la liste LREM au profit de celle du candidat LR.

Une annonce qui a provoqué un psychodrame au sein des Républicains qui, après avoir menacé de retirer leur investiture, ont finalement maintenu leur soutien à Renaud Muselier, en échange de l’assurance qu’il n’y aurait « aucun accord avec LREM ». Cet arrangement a provoqué le départ du parti de deux élus LR, le maire de Nice, Christian Estrosi, et celui de Toulon, Hubert Falco.

Le 5 mai, la Secrétaire d’État Sophie Cluzel avait assuré qu’elle restait candidate de la majorité présidentielle. Mais, patatras ! Retournement de situation (et de veste), elle annonce ce jeudi 13 mai qu’elle ne présentera finalement pas de liste LREM et apporte son « soutien » à la liste de Muselier.

Renaud Muselier a, quant à lui, assuré qu’il n’y avait pas Sophie Cluzel sur sa liste, et d’ailleurs ni ministre ni parlementaire, pour ne pas donner l’impression d’une quelconque « fusion » ou d’un « accord d’appareil ». Renaud Muselier affirme alors « qu’il y a des représentants de la majorité présidentielle, d’Agir, du Modem et des élus LREM », en précisant que sa tête de liste dans les Alpes Maritimes serait Estrosi, le maire de Nice, qui a claqué la porte de LR le 6 mai.

En Provence comme à Bruxelles, la tambouille politicienne des LR

De cette affaire pathétique, on peut tirer plusieurs enseignements. D’abord, qu’après avoir fait exploser le Parti socialiste en 2017, la Macronie a clairement lancé une offensive pour détruire Les Républicains en prévision de 2022.

Mais surtout, qu’alors qu’à l’Assemblée nationale et devant les caméras, les Républicains se donnent des airs de farouches opposants à la politique d’Emmanuel Macron, ils démontrent ici qu’il ne s’agit que d’une posture et qu’à la moindre occasion ils sont prêts à se rallier à la majorité présidentielle.

Cela n’a rien de nouveau. Au Parlement européen, cela fait des années que Les Républicains, avec leur parti européen, le PPE, votent de concert avec Renew, le parti européen de La République En Marche. Cette élection régionale en PACA n’a fait que révéler au grand jour médiatique les petites combines électorales qui se font au détriment des électeurs sincères de droite.

Parler Franc

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