#Sofagate : L’Europe une nouvelle fois humiliée par Erdogan

#Sofagate : L’Europe une nouvelle fois humiliée par Erdogan

10 avril 2021 | Europe Info France, Tribunes

Alors que l’Union européenne tente d’apaiser ses relations avec la Turquie, Erdogan a, une nouvelle fois, cherché à humilier les pays européens. Cette fois-ci, c’est la présidente de la Commission européenne elle-même, Ursula von der Leyen, qui en a fait les frais.

La provocation sexiste d’Erdogan

Ce mardi, les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne étaient à Ankara afin de rencontrer Erdogan. Mais alors que Charles Michel et Ursula von der Leyen arrivent dans la salle de réunion en compagnie du Premier ministre turc, ce dernier et le président du Conseil européen s’asseyent sur les deux seules chaises installées pour l’occasion, laissant Ursula von der Leyen debout. La présidente de la Commission européenne tentera bien un petit « hem ! » pour signaler qu’il n’y a pas de chaise prévue pour elle, mais finira par aller sur un canapé, à l’écart.

La scène pourrait paraître presque anodine, mais, en réalité, elle est révélatrice de bien des choses. D’un point de vue protocolaire, Ursula von der Leyen et Charles Michel ont le même rang, ils doivent donc être traités à égalité. Aussi, en invitant le président du Conseil européen, un homme, à s’asseoir à côté de lui et en mettant à l’écart la présidente de la Commission européenne, une femme, Erdogan effectue une nouvelle provocation dont le caractère sexiste (pour ne pas dire islamiste) n’aura échappé à personne.

Les dirigeants européens paralysés

Mais si le comportement du Premier ministre turc est des plus insultants, il n’est pas le seul qui doive être blâmé dans cette affaire. L’inaction du président du Conseil européen est des plus déroutantes. En effet, Charles Michel aurait pu faire bien des choses : laisser sa place, protester, quitter la réunion… bref, agir ! Mais non, il restera totalement impassible, comme s’il ne s’était rien passé, devenant ainsi complice de cette humiliation.

Une réaction qu’adoptera également Ursula von der Leyen après son timide raclement de gorge. « Elle a décidé de passer outre et de donner la priorité à la substance », expliquera le lendemain son porte-parole Eric Mamer. Une explication qui sonne comme un aveu : l’Europe doit accepter toutes les provocations du sultan ottoman.

L’Europe doit sonner la fin de la récréation pour Erdogan !

Avec un tel « courage » politique, on comprend mieux l’agressivité de la Turquie sur le plan international : de l’Arménie à la Libye en passant par la Syrie, les soldats d’Erdogan et de ses alliés ont semé le chaos et la mort.

Erdogan ne se prive pas non plus de provoquer militairement les pays européens directement. Si l’on a beaucoup parlé des actions agressives de la flotte turque contre la Grèce, il ne faut pas oublier que le 10 juin dernier, un navire militaire turc est allé jusqu’à « verrouiller » à plusieurs reprises une frégate française avec ses radars de tir, un geste considéré comme un acte de guerre !

Enfin, un pays qui se permet d’user des migrants comme d’une arme pour faire chanter l’Union européenne ne mérite aucune clémence de notre part, et il est grand temps que le langage de la couardise soit remplacé par celui de la fermeté !

Parler Franc

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