Vaccins : la commissaire européenne à la Santé fait de l’humour !

Vaccins : la commissaire européenne à la Santé fait de l’humour !

24 avril 2021 | Europe Info France, Tribunes

« Pour protéger nos citoyens, nous devons avoir une longueur d’avance » a osé dire très sérieusement, cette semaine, Stélla Kyriakídes, Commissaire européenne à la Santé. Lui a-t-on expliqué que, malheureusement, pour déclamer des scènes comiques, il fallait attendre la réouverture des théâtres en mai ? Le gouvernement français joue la même stratégie de communication positive et s’affiche tout sourire lors de l’habituelle et soporifique conférence de presse du jeudi : « le pic de l’actuelle vague épidémique serait derrière nous ». Chouette. À en croire les quelques déclarations de Kyriakides et de Castex, la situation n’est plus si mauvaise et l’Union européenne aurait finalement fait son travail. Qu’en est-il vraiment ?

Au 20 avril, les personnes totalement vaccinées ne représentent que 6.9% de la population en France contre 15,4% au Royaume-Uni et 57,7% en Israël… Autant le dire franchement : nous ne sommes pas « en avance », nous sommes encore très en retard, loin derrière nos alliés !

Le Franco-Autrichien Valneva obligé de contacter directement les pays, faute d’accord avec l’Union européenne

Cette semaine, le laboratoire franco-autrichien Valneva (dont le site de production est à Nantes) a décidé de contacter directement les pays, un par un, faute d’accord avec l’Union européenne. Pourtant, les résultats initiaux de Valneva sont positifs : encore un échec de l’UE ! Bruxelles avait annoncé en janvier des « pourparlers exploratoires » et c’est bien son problème : elle s’embourbe dans l’exploration et la réunionite aiguë… Les Britanniques, eux, ont passé un accord (dès juillet 2020 !) avant de signer en septembre dernier un partenariat portant sur un potentiel de 190 millions de doses achetées…

Et les autres vaccins ? Comme le titre le journal le Monde : « l’Europe se prépare à faire sans les vaccins d’AstraZeneca et de Janssen (ndlr : Johnson & Johnson) ». S’agissant du (dés)Astra Zeneca, l’UE préparerait une action en justice. Après tous les couacs liés à son efficacité et à sa livraison, il serait temps ! S’agissant de Johnon & Johnson, même si l’Agence européenne des médicaments (AEM) a estimé que les bénéfices du produit dépassaient les risques liés à l’apparition de thromboses, l’Union pourrait, à l’avenir, « se passer des vaccins à adénovirus, grâce à la montée en puissance de ceux à ARN messager ». On remarque que la doctrine évolue sans mea culpa : il n’y avait « aucun lien » avec les thromboses, puis un « lien faible », puis une balance bénéfices-risques « positive » : un beau glissement de terrain sémantique qui en dit long soit sur leur incompétence, soit sur leurs mensonges…

Outre les négociations avec les laboratoires, le nouvel échec, c’est le taux de perte des doses, estimé à 5 %. Ce dernier peut être la conséquence, par exemple, de l’annulation d’un rendez-vous. Les site mis en place pour éviter ce gâchis, comme « Covidliste », « Vite ma dose » ou « Covid Anti Gaspi », ne sont même pas pilotés par le gouvernement, spectateur, une fois de plus, de son incompétence… Le PDG de Pfizer a annoncé qu’une troisième injection et des rappels annuels seraient probablement nécessaires pour lutter contre la Covid-19. Dit autrement, on n’est pas sorti de l’auberge vaccinale, il serait temps que le gouvernement se réveille !

Parler Franc

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